Dans Paris occupé, le journal d’Hélène Pitrou

Jeudi 31 octobre 1940. C’est une honte : Pétain a appelé les Français à « collaborer avec les Allemands ». Le roman jeunesse de Paule du Bouchet raconte l’Occupation à travers les yeux d’une jeune fille. Ainsi vingt-cinq ans après le journal d’Adèle, c’est sa fille Hélène qui prend le relais. Elle raconte alors les heures sombres de l’Occupation.

Rappel historique

Le 22 juin 1940 le maréchal Philippe Pétain signe l’armistice avec l’Allemagne nazie. La France est alors divisée en deux parties par une ligne de démarcation. Au nord la zone occupée, au sud la zone libre. Pour passer de l’une à l’autre, les Français doivent être munis d’un Ausweis (carte d’identité) ou un Passierschein (laissez-passer). Le précieux laisser-passer ne peut être délivré que par l’occupant. Pétain établit très vite le gouvernement à Vichy. Le 30 octobre 1940 il appelle les Français à collaborer avec l’ennemi. Le Maréchal soutient ainsi une politique de lutte contre la Résistance et participe à la persécution des Juifs. La pénurie et la soumission sont alors sœurs de l’Occupation. Le quotidien des Français devient alors difficile pour ceux qui tentent de survivre.

Couverture du livre

Hélène Pitrou, l’héroïne

Pour ses 11 ans Hélène reçoit trois cahiers noirs de sa mère, Adèle. Comme elle lors de la Grande Guerre, l’héroïne tient son journal. Du jeudi 6 juin 1940 à l’arrivée des Allemands à Paris jusqu’au 8 mai 1945, Hélène fait le récit de son quotidien sur les pages encore blanches du journal. Tandis que son père, parti au front en 1939, est retenu prisonnier par les Allemands, Hélène et sa mère tentent de survivre. Elle raconte alors le marché noir, la pénurie, les tickets de rationnement, ses craintes et ses peines. Elle fait également référence aux rafles de Juifs. Hélène raconte la tragédie de son amie Josette et de sa famille, arrêtées et déportées. Mais Hélène évoque aussi ses espoirs et ses joies à travers la Résistance qui lutte contre l’envahisseur allemand.

Dans Paris occupé Paule du Bouchet raconte avec justesse à travers Hélène, son héroïne, le quotidien de la guerre de 1940 à 1945. C’est à Paris que les conditions de vie sont les plus dures. Le livre aborde le sort des Juifs avec pudeur à travers la rafle et la déportation de Josette, de sa maman et du petit André. Comment cela va-t-il finir ? C’est aussi un clin d’œil à l’histoire d’Hélène Berr, étudiante juive, déportée à Bergen-Belsen où elle mourra peu de jours après la libération.

 

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