Opérateur sur chaîne à Heuliez

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Sans qualification ni carnet d’adresse, il est difficile de décrocher un job intéressant. En 2004, après avoir quitté provisoirement les bancs de l’université, Le Petit Reporteur a exercé quelques petits boulots pour travailler à partir de mai chez Heuliez, un carrossier automobile. Ainsi il a subi l’enfer du convoyeur durant une longue période de 18 mois.

À l’origine de l’aventure.

En 2003, il a dû stopper ses études. Souhaitant faire le point sur son projet professionnel et ayant dépassé le nombre d’inscription à l’université, chose qui lui a paru étrange sachant que le système Licence-Maîtrise-Doctorat était alors entré en vigueur, il a dû aller travailler. Il a commencé par travailler au centre E.Leclerc de Bressuire à partir du 12 janvier 2004. Le manager de l’époque a bien voulu lui donner sa chance tout en lui rappelant chaque jour que s’il ne faisait pas l’affaire, il mettrait un terme à son contrat. “Un peu surprenant de la part d’un recruteur mais lorsqu’on est jeune, on se dit qu’un tel discours est normal“, explique Le Petit Reporteur. Il y est resté quatre mois. D’abord recruté pour effectuer l’inventaire et aussi un peu le moins intéressant, il a ensuite participé à l’installation de la nouvelle jardinerie pour terminer au service “Réserves”.

La phase de recrutement.

La convocation.

Peu avant d’intégrer le centre commercial E.Leclerc de Bressuire, il avait fait sa lettre de motivation pour aller travailler chez Heuliez. Cette année-là, l’entreprise lançait une vaste opération de recrutement pour un nouveau marché : la construction de l’Opel Tigra Twin Top. Ce n’est qu’en février qu’ils l’ont convié à venir passer les tests de recrutement. La phase de recrutement se décomposait en deux phases. Dans un premier temps il s’agissait d’aller passer des tests MRS. Si l’affaire était concluante, le candidat était ensuite convié à passer un entretien avec un manager quelques semaines plus tard. Pour lui, il a réussi les deux phase de sélection.

Opel Tigra Twin Top. Source Heuliez.

La MRS ou Méthode de Recrutement par Simulation.

Pour recruter son personnel en masse et autrement que par la méthode classique, certaines entreprises font appel à Pôle Emploi pour mettre en place une M.R.S. Ici, il est seulement question d’habiletés nécessaires pour occuper le poste. Après une observation des postes en situation réelle, les agents Pôle Emploi créent des exercices mettant à jour les compétences mise en jeu en situation réelle. Ce sont ces compétences que révéleront ces exercices chez les candidats. En ce qui concerne les tests pour l’entreprise Heuliez, il s’agissait de repérer un motif particulier dans un suite de lignes ( par exemple, repérer le chiffre “2” dans une ligne de “6”) puis de construire en trinôme un camion de pompier en mécano afin de faire émerger l’habileté à effectuer une tâche précise mais aussi la capacité à travailler en équipe.

L’intégration en entreprise.

Une fois les tests réussis, Le Petit Reporteur a été convoqué quelques semaines plus tard pour débuter les quinze jours d’intégration dans l’entreprise. Le formateur l’a accueilli avec un petit groupe d’une dizaine de personnes. Au programme, rappel des formalités et des consignes, présentation du travail à effectuer et surtout diffusion de la culture d’entreprises. Et ce n’était pas une mince affaire. Il se rappelle s’être demandé dans quelle secte il avait mis les pieds. La visite des ateliers a fini d’achever son impression de dégoût. “Mais quand on n’a pas le choix, il faut bien ravaler sa fierté et se dire que ça n’est que provisoire…“, s’était-il dit.

L’atelier peinture.

“Tu seras affecté à l’atelier peinture, là où sont fabriqué les éléments du toit rétractable de la Peugeot 206 CC.” Tels ont été les mots qui résonnent encore dans sa tête aux heures où nous écrivons ces lignes. Il a ainsi fait connaissance avec celui qui a été son tuteur pour les quelques semaines d’intégration et où il a appris les rudiments du poste. Il n’était pas doué au lustrage et au repérage des imperfections sur les pièces peintes alors les chefs l’ont affecté à la pose et à la dépose des éléments sur le convoyeur. Ainsi à un rythme plus ou moins effréné et surtout répétitif il devait aussi bien poser des pièces sur le convoyeur pour qu’elles aillent se faire peindre que déposer ces mêmes pièces peintes sur des chariots. Après dix-sept mois et il est passé à l’atelier ferrage où il devait assembler les éléments de la portes de la Tigra Twin Top.

206CC. Source : http://www.autocadre.com/actualites/114-206-cc.html

Son aventure chez Heuliez s’est terminée à la fin du mois d’octobre 2005, date de fin de son deuxième CDD de neuf mois. Ça n’a pas été de tout repos. Le Petit Reporteur a connu l’enfer du travail ouvrier, esclave du convoyeur, des journées interminables et des gestes répétitifs. N’étant pas fan du travail d’usine, il n’était pas très apprécié de sa hiérarchie et il n’avait pas pas beaucoup d’affinités avec ses collègues non plus. Le compagnon d’une collègue qui passait plus son temps assise sur le rebord d’un chariot de pièce avait voulu lui casser la figure parce qu’il avait demandé à celle-ci de moins rêvasser. Il était resté honnête en allant pas “moucharder” aux chefs et il avait récolté des menaces de ce collègue. À l’époque, il avait accusé le coup et laissé passer l’orage sans se défendre. Il sait qu’aujourd’hui, il en serait autrement. Il était entré pour se faire un peu d’argent et patienter en attendant de pouvoir retourner à l’université et ne comptait pas y rester. Il a eu cette chance une fois son contrat terminé.

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