La Bête du Gévaudan est l’une des légendes les plus célèbres de notre patrimoine mythologique français à tel point que l’affaire hante les esprits, même 250 ans après. Durant un court laps de temps, celle qu’on identifie comme un terrible loup va semer la terreur dans la région du Gévaudan.

Il était une fois.

Tout commence au XVIIIe siècle en Gévaudan, une zone géographique des plus reculées au sud-ouest du massif central. À cette époque, si une semaine était nécessaire pour rallier Paris à Lyon en calèche, il fallait quinze jours pour rallier Paris au Gévaudan. De plus, la France sort d’un conflit de sept ans avec son voisin anglais et l’Ancien Régime touche bientôt à sa fin. Par ailleurs, le Gévaudan étaient un des endroits les plus pauvres de France. Ici les gens ne vivaient pas, ils survivaient. Et chose importante, la région comptait plus de 20 000 canis lupus. Il n’est peut-être pas étonnant que la Bête ait été identifiée comme étant un énorme loup ?

La réalité avant la légende.

La Bête du Gévaudan est une légende. Mais avant le mythe, il y a des faits. Le Gévaudan est une région très croyante et superstitieuse. Les campagnards craignaient les sorciers, le mauvais sort et les créatures surnaturelles comme le loup-garou. Fait à tenir en compte, le taux de criminalité était très important et la région était réputée dangereuse. Ainsi, c’est en 1764, soit 25 ans avant la Révolution française, que l’affaire débute. En juin, une jeune vachère est attaquée par ce qu’elle décrira plus tard comme un gros loup, au poil roux, avec une queue longue et touffue, et présentant une grand raie noir sur dos. Mais la première victime officielle se prénomme Jeanne Boulet. Après elle de nombreuses victimes, principalement des femmes et des enfants, voire quelques hommes, vont être les proies de cet animal surnaturel.

La traque.

Plusieurs chasses sont organisées. La première est menée par le capitaine-aide-major Duhamel qui dirige alors une cinquantaine d’hommes du régiment princier. Malgré les pièges et la artifices dont les hommes font usage pour capturer la Bête, c’est pure perte. Jean-Charles Marc Antoine Vaumesle D’Enneval, louvetier de Normandie, prend alors l’initiative de se rendre en Gévaudan pour traquer la Bête. Arrivé en 1765 dans la région, il finit par comprendre qu’il n’a pas affaire à un loup. De ce fait, il est débarqué par le Roi. François Antoine, le propre porte-arquebuse de Louis XV, est dépêché sur les lieux pour poursuivre la chasse. Après avoir relevé une emprunte de la Bête, Antoine abat un loup à la taille exceptionnelle le 21 septembre 1765. Mais la Bête reprend du service et c’est Jean Chastel, nommé “le fils de la sorcière” car sa mère était guérisseuse, qui tue la “vraie” Bête le 19 juin 1767.

Qui était la Bête ?

Le mystère plane encore de nos jours. Qui était la Bête ? Y en avait-il une ou plusieurs ? Quelle était sa nature ? Et qui se cachait derrière elle ? Ces questions restent encore sans réponses à ce jour car les témoignages n’étaient pas des plus fidèles. Certains la disaient ressemblant à un loup mais elle n’en était pas un. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, elle est appelée “la Bête” par les gens du coin. Il en aurait été autrement s’il s’était agit d’un loup, animal qu’ils connaissaient bien. Plusieurs hypothèses existent alors : celle d’un hybride mi-chien mi-loup ou encore un animal venu d’Afrique. Mais la thèse d’un animal paraît souvent difficile à avaler lorsqu’on observe certaines victimes. Beaucoup de jeunes filles ont été dévêtues et leurs vêtements étaient soigneusement pliés à proximité des cadavres. Mais si Bête il y avait, elle n’agissait certainement pas seule. La Bête pourrait être un hybride dressée pour tuer. De plus certaines séries d’attaques de la Bête forment des lignes droites sur la carte du Gévaudan. Il semblerait qu’elle ait été transportée à des endroits déterminés.

La piste Chastel.

Dans Le Pacte des loups de Christophe Gans, la Bête est un hybride dressé par Jean-François de Morangias, joué par Vincent Cassel. Il agit sous les ordres du père Sardis interprété par Jean-François Stévenin, afin de semer la terreur en Gévaudan. Aujourd’hui la piste des Chastel est la plus plausible. Il semblerait que le synopsis du film ne soit pas si éloigné de la légende. Ainsi, Antoine Chastel, l’exécutant, se serait lié au Comte de Morangiès, voulant se venger de Louis XV pour lui avoir refusé l’accès à Versailles. Antoine aurait donc dressé la Bête, un hybride, et l’aurait téléguidée. Pas surprenant que certaines victimes aient été mal vues des Chastel et que la Bête avait l’habitude de se réfugier dans la zone du Mont Mouchet, où Antoine était garde-chasse. Mais aussi séduisante que paraisse la piste des Chastel, elle n’en demeure pas moins trop parfaite. Et au regard de la loi, de Morangiès et Antoine Chastel restent innocents.

Le mystère de la Bête reste encore irrésolu et elle le restera probablement pendant des longues années encore. Il est fort probable que la Bête soit une combinaison de plusieurs éventualités. D’un côté le gros loup des Chazes, puis la “vraie” bête tuée par François-Antoine en 1766 et un possible serial-killer en activité dans la région. La société alors très violente a pu contenir en son sein toute une foule de criminels sanguinaires et pervers qui s’en seraient donné à cœur joie. Quoi qu’il en soit, les attaques ont cessé du jour au lendemain, laissant planer le mystère et perpétuant ainsi la légende de la Bête du Gévaudan.

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