En 1891 Marya  Skłodowska arrive à Paris. Elle rencontre Pierre Curie, passionné de physique comme elle. Ensemble, ils mettront à jour la radioactivité, après de longues années d’études sur une roche radioactive, la pechblende.

Une passion précoce

Marie Curie naît Marya Skłodowska en 1867 en Pologne. Elle est la fille de Bronisława, mère au foyer, et de Władisław, professeur de physique dans un lycée de Varsovie. La jeune Marya est une élève douée et curieuse. Elle s’intéresse à la science comme son père. À la mort de sa mère, elle enfouit son chagrin dans ses études. En 1883, alors âgée de 16 ans, elle termine ses études au lycée avec une médaille d’or. Elle ne veut pas devenir comme toutes ces femmes qui rêvent de rencontrer un homme et de devenir mère au foyer. Passionnée par les sciences, elle décide de poursuivre ses études, malgré l’interdiction d’accès à l’université pour les femmes. Elle se débrouille alors pour suivre en secret les cours de l’Université volante. Elle donne également des cours aux femmes du peuple.

Les études à Paris

Marya veut devenir médecin, comme sa sœur Bronia. Elle a alors l’idée de poursuivre ses études à Paris. Ainsi à l’automne 1891, alors âgée de 24 ans, elle débarque dans la capitale française. Sa grande sœur, arrivée quelques années plus tôt dans la capitale, est désormais mariée et médecin. Comme promis, elle l’aidera. Marya entre alors à la prestigieuse université de la Sorbonne. Plutôt que la médecine, c’est vers la physique que la jeune femme porte son intérêt. Elle travaille dur pour rattraper le retard qu’elle a par rapport à ses camarades. De plus, elle décide de se faire appeler Marie. Après deux années, elle obtient la licence de physique. L’année suivante, c’est la licence de mathématiques qu’elle décroche. La Pologne lui offre alors une bourse au vu de ses résultats. 

Marie et Pierre, une rencontre décisive

Marie se voit confier des travaux de recherches sur la composition chimique et le magnétisme (étude des aimants et des champs magnétiques). Elle fait alors la connaissance de Pierre Curie. Physicien comme elle, il n’a d’yeux que pour la science … et pour Marie. En 1895, les amants se marient et emménagent à Paris. Marie a eu vent des découvertes récentes sur les rayons X et les rayons d’uranium. Elle souhaite en savoir davantage. Après son premier enfant, Irène, elle se lance un nouveau défi : obtenir un doctorat ès sciences. Il lui faut pour cela choisir un sujet d’études. C’est décidé, elle travaillera sur les rayons d’uranium. Pierre, approuve et l’aidera dans son projet.

L’incroyable découverte

Marie s’installe alors dans un hangar désaffecté pour mener à bien ses recherches. Pendant des semaines, elle mène ses expériences sur de nombreuses roches. Son but : rechercher de l’uranium. Pour cela, elle utilise l’électromètre, un instrument inventé par Pierre qui permet de détecter la présence d’uranium. Marie découvre quelques temps plus tard que la pechblende, une roche sombre et lourde comportant de l’uranium, dégage des rayons ultrapuissants. Elle souhaite en savoir davantage. Pierre, très intrigué, abandonne alors ses propres travaux pour l’assister. Ils vont ainsi s’atteler à la lourde tâche de séparer les différents éléments qui constituent la roche.

Un travail de fourmi

Ainsi la pechblende contient deux métaux inconnus, en quantité infime. Ils les appelleront le polonium (en hommage à la Pologne) et le radium. Ce dernier produit un million de fois plus de radiations que l’uranium. C’est la découverte du siècle. Marie nomme ce phénomène la radioactivité. Pour elle, il provient de l’atome lui-même. Elle décide donc de mener plus en avant les recherches car ils doivent apporter une preuve formelle de leur découverte au monde scientifique. Pour cela il leur faut produire du polonium et du radium à l’état pur. Seulement voilà, une tonne est nécessaire pour produire un seul milligramme de radium. Pour la matière première, ils vont avoir la chance de bénéficier des déchets d’une mine en Autriche à un prix dérisoire. Quatre ans leur sont nécessaires pour mener à bien leur mission. En 1902, ils réussissent ainsi à produire un tout petit décigramme (0,1 gramme) de radium pur.

Des efforts payants

Leur découverte offre à Marie la reconnaissance qu’elle attendait et qui lui fait chaud au cœur. Avec son mari, ils sont invités dans de nombreux colloques. Ils reçoivent le prestigieux prix Nobel de physique, avec Henri Becquerel. En 1904, ils ont une seconde fille : Ève. Mais en 1906, un drame survient : Pierre est renversé par un fiacre et meurt écrasé sous les roues et les sabots des chevaux. Marie sombre dans la dépression. Ses deux filles la ramèneront à la réalité. En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie. Lorsque la guerre éclate en 1914, elle met en place tout un réseau de voitures et de camionnettes, les petites Curie, qu’elle équipe d’appareils de radiologie. Les clichés radiologiques permettent de sauver de nombreuses vies.

Frédéric Jolliot, la relève

L’Institut du radium voit le jour à Varsovie en 1932. Marie est invitée pour l’inaugurer. Elle continue également ses recherches. La Fondation Curie remplace l’Institut du radium quelque temps plus tard. Des chercheurs du monde entier y affluent. C’est le cas de Frédéric Jolliot. Il épouse peu de temps après Irène, devenue chimiste et physicienne à la grande joie de sa mère. Ensemble, ils mettent à jour la radioactivité artificielle en 1934. Cette découverte leur vaut le prix Nobel de chimie l’année suivante. Cinq ans plus tard, Frédéric, avec Hans Halban, Lew Kowarski et Francis Perrin, travaille sur la fission de l’uranium et la réaction en chaîne. Et en 1940, ils déposent les brevets sur l’utilisation de l’énergie atomique.

Marie Curie a voué sa vie à la science. Elle s’éteint le 4 juillet 1934, à l’âge de 67 ans, à la suite d’une leucémie contractée durant ses longues années d’expérience à manipuler des éléments radioactifs sans protection. Elle est la première femme à recevoir le prestigieux prix Nobel et la première femme à enseigner les sciences à la Sorbonne. L’œuvre de sa vie : la mise à jour de la « radioactivité », avec son mari Pierre. De ce phénomène naîtront des avancées technologiques dans plusieurs domaines, en particulier la médecine. C’est Irène, leur fille, avec son mari, qui mettra en avant la fission nucléaire, utilisée encore aujourd’hui dans les centrales nucléaire.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.