« Un roi qui ne peut pas tuer ses plus chers amis pour le bien de son peuple n’est pas un roi. »

Paris. 23 Août 1572. Veille du massacre de la Saint-Barthélémy. Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, entre dans la ville qui a vu la tentative d’assassinat de l’amiral de Coligny, chef des huguenots, le 22 Août.

Si un bref passage au Louvre le fait rencontrer le duc de Retz à qui, dans une conversation de courtoisie, il conseille d’éliminer tous les plus hauts dignitaires huguenots, il n’est pas venu ici pour prendre part à ce massacre. Son seul but : retrouver Carla de la Pénautier, sa femme, enceinte de leur petit rossignol.

Mais voilà que Carla se fait enlever. S’en suit alors une errance meurtrière pour Tannhauser dans un Paris qui suinte du sang des huguenots massacrés par les catholiques. Le roman de près de mille pages se déroule sur un laps de temps très court. Trente-six heures !

C’est un choix risqué pour Tim Willocks qui décide également d’occulter l’aspect politique de l’évènement. Des longueurs s’installent, pesantes sur la lecture malgré une écriture agréable. Le Paris assassin est très bien représenté avec sa palette de personnages historiques et fictifs.

Ainsi, vous ne pourrez vous empêcher de haïr Grimonde avant de l’aimer. Grégoire et Lucifer ne laisseront pas de vous attendrir. Estelle, chevauchant son dragon, vous fera sourire. Tous prendront part, bon gré mal gré, aux massacres empuantissant les rues de Paris.

Les scènes de guerre sont nombreuses. Parfois trop nombreuses. Mille pages de massacres de plus en plus violents peut gâcher le plaisir de la lecture. Cependant, il faut reconnaître le talent de l’auteur dans ses descriptions de combat et de mort. Tim Willocks est également médecin, spécialisé en chirurgie. Aussi, le plus petit détail du corps humain ne nous échappe pas.

Ce voyage dans cet univers sombre ne vous laissera pas de marbre malgré tout. Dommage que l’auteur ne nous ouvre pas une petite porte donnant dans les coulisses des différents dirigeants pour mieux comprendre les rouages du choix macabre que fera Charles IX. Ce thriller historique ne nous apprend pas grand-chose sur le tragique évènement de la Saint-Barthélémy. En revanche, une fois refermé ce roman, vous saurez tuer dans un geste efficacement précis quiconque mérite à vos oreilles de faire sonner le glas. À vous d’entonner la sonnerie aux morts !

« C’est la folie qui gouverne cette ville. Une fièvre sanglante dans tous les sens du terme : née dans le sang, vécue dans le sang, pour la joie de répandre le sang. »

 

 

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