Le mouvement des Gilets jaunes perdure depuis des mois. Le Petit Reporteur a voulu tracer une modeste rétrospective des événements à Saint-Lô.

Les prémices du mouvement

Le vendredi 9 novembre 2018, un petit groupe de personnes vêtues d’un gilet jaune s’était rassemblé au niveau de la Plage Verte à Saint-Lô. Ils avaient souhaité ce jour-là répondre à l’appel d’Éric Drouet, ce chef d’entreprise qui avait lancé quelques jours plus tôt un appel à la manifestation et aux barrages le samedi 17 novembre 2018. Le maître mot du porte-parole était alors qu’il fallait réagir, « mais pas dans le désordre« .

En matière de sécurité, un service d’ordre composé de volontaires sérieux et soucieux de maintenir un climat pacifique avaient été constitué. Par ailleurs, le collectif prévoyait de filmer l’action et de la rediffuser en direct sur les réseaux sociaux pour se prémunir de toute bavure. Ainsi le rendez-vous fut fixé le samedi matin à 8 heures au niveau du rond-point de Guilberville (Manche).

Le début du mouvement

Samedi 17 novembre était le jour J. Au niveau local, sur Saint-Lô, c’est près de trois points stratégiques qui étaient pris d’assaut. Le rond-point au niveau du centre E.Leclerc d’Agneaux, le rond-point au niveau de la Maison du Département et un autre proche de celui-ci étaient bloqués. Mais pas question de tout bloquer. « On laisse passer les infirmiers, les ambulanciers, les pompiers et les forces de l’ordre« , affirmaient certains organisateurs. Environs cinq cents personnes étaient mobilisées. Au fur et à mesure que ciel s’éclaircissait, les gens rejoignaient le mouvement. L’action se voulait pacifiste et non politique rappelait l’un des organisateurs.

Au niveau de la Maison du Département, les Gilets jaunes avaient été rejoints par quelques agriculteurs. L’un des organisateurs avait demandé une entrevue avec l’un des représentants de la Préfecture pour l’après-midi.

À 17h30, la petite délégation avait donc été reçue par le directeur de cabinet du préfet. Celui-ci avait écouté leurs doléances. Cependant, les Gilets Jaunes n’avaient « pas eu le sentiment d’être pleinement entendus » ce jour-là. Les autorités quant à elles en avaient appelé à la prudence à la nuit tombée en précisant la responsabilité de chacun en cas d’incident.

Une action divisée

Le jeudi 29 novembre  2019, les Gilets jaunes étaient venus nombreux sur le parking de l’Intermarché de Saint-Lô (Manche) où ils tenaient une réunion. Ils étaient ainsi près d’une soixantaine de personnes à écouter les mots des quelques organisateurs ce soir-là.

Le mot d’ordre était qu’il fallait « arriver à se grouper » car « depuis la manifestation à Paris, on tente de décrédibiliser le mouvement et de n’en montrer que du négatif  » assurait l’un des organisateurs. Puis dans la soirée, une action avait été proposée mais elle s’était heurtée à d’autres. C’est alors qu’un petit groupe a décidé de bloquer le McDonald’s. L’action n’avait duré cependant à peine qu’une trentaine de minutes.

Rencontre avec le député Philippe Gosselin

Passé les incidents du 1er décembre 2018, les Gilets jaunes de Saint-Lô avaient souhaité rencontrer le député de la Manche, Philippe Gosselin, pour faire un retour sur les doléances et la pétition données quelques semaines plus tôt. La rencontre s’était déroulée dans un climat détendu.

Quant au préfet, il s’était dit « très favorable à des tables rondes avec les maires, les députés et les sénateurs. » Et le 11 décembre 2018, Philippe Gosselin avait alors annoncé qu’il recevrait, dans une urne à sa permanence, les suggestions de ceux qui le souhaitaient.

Le cahier de doléances

Le samedi 5 janvier 2019 à la Place verte les Gilets jaunes s’étaient de nouveau donné rendez-vous. L’action du jour, « une marche pacifiste ». Ainsi à 10h, ils étaient plus de deux cents Gilets jaunes à se mettre en marche dans les rues de Saint-Lô. La manifestation déclarée en préfecture avait reçu l’appui des forces de l’ordre pour encadrer le cortège. Les Gilets jaunes ne manquaient d’ailleurs pas de soutien de la part des automobilistes qui klaxonnaient. « Le gouvernement reste sourd à nos revendications« , déclaraient certains organisateurs en précisant que « Macron pense nous endormir avec des mesurettes qui ne concernent personnes ici, tout en mettant en avant les nombreuses dégradations et violences afin de mieux discréditer le mouvement« .

De la Plage verte au rond-point Howie, c’est en marchant de manière pacifique que les Gilets jaunes saint-lois avaient tenu à faire entendre leurs revendications. Ils étaient également passés par la mairie où ils avaient pu laisser un mot sur le cahier de doléances mis à disposition. De retour à la Plage verte et après dissipation de la foule, certains s’étaient rendus à Cherbourg ou Avranches, d’autres au rond-point de la Maison du Département en promettant une nouvelle action pour samedi prochain.

Un appel à payer en liquide

Le samedi 12 janvier, l’action des Gilets jaunes consistait à distribuer des tracts aux automobilistes aux abords du rond-point situé près de l’Office du Tourisme. Le tract avait pour vocation de sensibiliser à ce qu’ils nommaient ce jour-là « la réappropriation de l’argent liquide« . Car tout paiement par carte bancaire entraîne des frais de fonctionnement.

Et c’est dans une atmosphère bon enfant que les quelques deux cent dix personnes présentes s’étaient mises en marche. Après un passage devant Tendance Ouest et au rond-point Howie, les Gilets jaunes ont terminé leur marche dans le hall de la mairie de Saint-Lô, où ils ont entonné La Marseillaise.

Les gilets ont ensuite réclamé une salle pour se réunir. Au niveau du rond-point de la maison du département, ils ont alors établi quelques chaises et quelques tables. Puis, ils ont construit une maison en bois, appelée « La Maison Citoyenne« .

Après quelques semaines, la maison citoyenne a été démantelée, conformément à la décision rendue par la cour d’appel de Caen le 30 avril 2019 au petit matin.

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