Le lundi 29 avril 2019 à Falaise dans le Calvados, un char Sherman de la Seconde Guerre mondiale était en attente de manœuvre au sein des services techniques de la ville. Après quelques remise en état il devait rejoindre son nouveau lieu d’exposition : le musée de la vie quotidienne 1939 – 1945 de la ville. C’est la société Cadel Levage basée à Isigny-sur-Mer qui a procédé à la manœuvre vers 8h30 du matin.

Le char Sherman

Le char Sherman est un char moyen  produit par les Américains durant la Seconde Guerre mondiale.  Petit char mesurant 6,28 mètres de long, 2,60 mètres de large et 3,3 mètres de haut, il pèse près de 25 tonnes. Produit en masse, il a participé au débarquement des forces alliées en Normandie en juin 1944 et en Provence en août 1944. Sherman était le nom d’un général de guerre de Sécession. Ce sont les Britanniques qui l’ont ainsi appelé. Ils avaient en effet coutume de donner un nom aux chars américains. Les chars allemands l’ont mis à rude épreuve durant la Seconde Guerre mondiale et ont également révélé ses failles : blindage et armement en partie corrigés durant le conflit. Mais cela ne l’empêchera pas d’être un acteur majeur de la victoire alliée. Après 1945, il est resté en fonction et équipa différentes armées. Une fois hors service, il servit d’élément décoratif pour des musées.

L’un d’entre-eux se déplace régulièrement. Il a été reconstitué à partir d’éléments de différents chars. Son histoire et son éventuelle participation à la Seconde Guerre mondiale reste inconnues mais il est le véhicule militaire par excellence des forces alliées et un élément du patrimoine. Arrivé de Bourges en janvier 2019, il a été entreposé aux services techniques de la ville de Falaise (Calvados) pour quelques réparations avant sa prochaine destination : le musée de la vie quotidienne 1939 – 1945. Le lundi 29 avril 2019, après quelques semaines de remise en état, le char Sherman était prêt pour gagner sa prochaine résidence.

La manœuvre aux services techniques de la ville

C’est la société de levage Cadel-Levage d’Isigny-sur-Mer qui est venue effectuer la manœuvre au matin. Après l’installation et le placement de la grue et des éléments de levage du char, celui-ci a été soulevé et placé sur la remorque de transport. Le char Sherman une fois en place sur la remorque, la police municipale est venue pour l’escorter à travers les rues de Falaise et pour faciliter sa progression vers son lieu de dépose. 

Cadel Levage, une entreprise familiale

Basée à Isigny-sur-Mer dans le Calvados, la société a été fondée par Alain Cadel en 1978. Mécanicien dieséliste de métier, il a eu l’idée d’acheter une grue pour pouvoir soulever les moteurs sur lesquels il devait intervenir. Puis au fur et à mesure, il a créé une entreprise de levage. Leur cœur de métier, c’est la manutention de charge, le levage et le transport exceptionnel. L’équipe assure un véritable service auprès de ses clients en travaillant 7j/7 et 24h/24 dans la Manche (50) et le Calvados  (14) essentiellement, même s’il lui arrive de traverser les frontières de la Basse-Normandie. Après quarante ans, l’entreprise est passée aux mains de la deuxième génération : Sloane et Vincent Cadel.

La grue mobile, en quelques chiffres

Pour pouvoir procéder au levage du Sherman une grue automotrice de 60 tonnes et d’une capacité de 130 tonnes de levage maximum a été sollicitée. Produit par Tadano, l’ensemble mesure 2,75 m de large, 15 mètres de long et près de 4 mètres de haut. La flèche mesure 12,8 mètres. Elle peut se déployer jusqu’à 60 mètres maximum. L’engin dispose de cinq essieux indépendants les uns des autres.

Des patins déployables reposant sur des galets rangés à l’arrière de la machine permettent de stabiliser l’engin.

Le mécanisme est commandé par un boîtier électronique située au niveau du plancher de la grue.

En ce qui concerne les essieux, la grue en possède cinq qui peuvent se mouvoir sous certaines conditions.

À bord de la grue mobile

L’engin est avant tout un camion sur lequel est disposée une grue alors il possède deux postes de pilotage.

La cabine du camion

La cabine de l’automotrice présente les caractéristiques de celle d’un poids lourd, à l’exception près que des commandes supplémentaires permettent de contrôler les cinq essieux indépendants les uns des autres.

Le poste de pilotage de la grue

Juchée sur la plateforme du camion, l’accès à la cabine se fait par une échelle repliable.

Une fois dans la cabine de la grue, le conducteur va pouvoir actionner la flèche. Aux commandes de la grue, il dispose de différents écrans qui lui donnent des indications à propos de la flèche. 

Ainsi le conducteur peut contrôler l’inclination et sa rotation de la grue. Il peut savoir comment se comporte la charge au bout du crochet. Mais il ne peut pas tout faire seul. Alors pour le guider au sol, il doit faire appel à ses coéquipiers. 

Le musée de la vie quotidienne 1939 – 1945

C’est au niveau du musée de la vie quotidienne 1939 – 1945 que la grue mobile a déposé le char Sherman. Le musée est sur les ruines d’une ancienne maison détruite pendant les bombardements de l’été 44. Il est le seul musée au monde à être consacré aux civils durant la guerre. C’est ainsi 1000 m² qui sont consacrés au sort des civils durant le conflit. Les visiteurs peuvent donc y découvrir les témoignages des survivants, les collections d’objets de la vie quotidienne et des archives inédites. Trois thèmes occupent le bâtiment : l’Occupation, la Libération et la Reconstruction.

Avant de pouvoir mettre le char Sherman à sa place, la grue a dû déplacer un canon datant lui aussi de la Seconde Guerre mondiale. Une fois la manipulation effectué, le char a pu être posé à son emplacement. Après l’opération l’équipage de Cadel Levage est reparti vers d’autres chantiers de levage.

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