Jake Adelstein est le premier étranger à avoir intégré la rédaction du Yomiuri Shinbun. Pendant plus de dix ans, il couvre le trafic d’êtres humains et le crime organisé. À la suite de son enquête sur les yakuzas, sa famille est placée sous protection du FBI pendant plusieurs années. Il a par ailleurs travaillé pour The Daily Beast, The Japan Times et Vice News.

Tokyo Vice est une œuvre autobiographique d’un gaijin juif qui, à 24 ans, intègre la rédaction du plus prestigieux journal de l’Empire du soleil levant, le Yomiuri Shinbun. Le récit débute sur une douce note. « Vous supprimez cet article, ou c’est vous qu’on supprime. Et peut-être bien votre famille aussi ». Voilà qui donne à réfléchir.

Jake Adelstein nous retrace dans ce livre son parcours mouvementé. Des bureaux chics du journal aux quartiers miteux du Japon gangrené par les organisations criminelles, Jake-san fouine partout espérant décrocher le scoop qui fera exploser sa carrière. Mais ce n’est pas sans danger. Très vite, il est rattrapé par les gokudo, ces dangereux personnages au corps recouvert de tatouages et aux doigts sectionnés. Il réussit malgré tout à se faire un éventail d’informateurs, aussi bien dans la police qu’au sein même de l’organisation des Yamaguchi-gumi, la mafia japonaise.

Similaire à un polar, le livre nous apprend beaucoup sur la culture du Japon et la vision du monde de ses habitants. Avec une pointe d’humour et beaucoup d’autodérision, Jake Adelstein nous raconte comment il a été difficile pour lui de s’intégrer dans cette société aux codes sociaux complexe. Mais le journaliste a un atout. Le sens inné du contact.

Le livre est construit autour de plusieurs enquêtes que l’auteur a pu faire durant sa carrière. Disparitions, meurtres, commerce sexuel, rien ne lui sera épargné. Désireux de faire éclater la vérité sur ces atrocités, Jake Adelstein aura du mal à gérer vie privée et vie professionnelle. Rester en retrait, ne pas s’impliquer, c’est là est le plus poignant de ce témoignage.

Ce livre est assez prestigieux, aussi bien l’objet que le contenu, profondément humain. L’écriture est à la fois délicate et piquante. Il est là le talent de ce journaliste. Journaliste, qui pour parfaire son Japonais, décidera un jour de passer les examens d’entrée au Yomiuri Shinbun, sans réelle ambition, comme un jeu.

« Parfois, mieux vaut avoir de la chance que d’être bon ».

 

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