Ouvrir un livre de Jules Verne est toujours la promesse d’une belle aventure. La plupart de ses récits parus dans la série « Voyages Extraordinaires » n’échappent pas à cette dévorante passion qui animait l’auteur : la mer.

 

Je vous invite donc, si vous le voulez bien, à prendre place à bord du « Great Eastern » pour effectuer une traversée, à priori sans aucun danger, de l’Atlantique.

Le roman, sorti en 1871, est l’un des moins connus de Jules Verne. À tort ! Il nous raconte la traversée du «Great Eastern» entre Liverpool et New-York. Ce géant des mers, le plus gros jamais construit « marchait à toute vapeur, mesurant cinquante-trois pieds de diamètre et cent soixante-six pieds de circonférence, pesant quatre-vingt-dix tonneaux […] »

Lorsque Jules Verne nous embarque avec son personnage principal, le steamship est encore en plein travaux, une traversée nécessaire à la pose d’un câble télégraphique sous-marin entre l’Europe et l’Amérique ayant considérablement modifié les aménagements de cet immense bateau. Le départ est retardé de cinq jours mais qu’importe ! Très rapidement, les cinq cheminées, alimentées par « dix chaudières ayant dix fourneaux chacune, soit cent feux à conduire […] » se mettent à cracher l’épaisse fumée annonçant l’imminence du départ. Ce vaisseau, qui peut accueillir jusqu’à 4000 passagers, regorge de nombreux personnages, tous avec leur propre caractère. Des yankees, un ministre, un riche new-yorkais, un maître clerc du Far West, un couple péruvien en lune de miel, un mormon, grand prédicateur de la Cité des Saints, sont autant d’âmes à bord de ce qui est « plus qu’un vaisseau, c’est une ville flottante, un morceau de comté, détaché du sol anglais […] »

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Nous voilà en compagnie du narrateur à bord du célèbre « Great Eastern » pour une fabuleuse croisière. Le narrateur fait la rencontre, non hasardeuse, de son ami, le Capitaine Fabian Mac Elwyn, fraîchement arrivé des Indes.

Rapidement, un accident survient, tuant quatre personnes et en blessant douze. « Un voyage qui commence bien. », ironise le Docteur Dean Pitferge, personnage extravagant, convaincu et désireux que le navire sombrera durant la traversée.

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Le ton est donné. Le lecteur embarque pour une traversée pleine de rebondissements dans un navire hanté par une forme ombrageuse qui s’y promène la nuit, un navire dont on dit « qu’un passager s’est égaré dans ses profondeurs, comme un pionnier dans les forêts d’Amérique », mais aussi que « pendant la construction des chaudières, un mécanicien a été soudé, par mégarde, dans la boîte à vapeur. »

Souvent comparé à ses autres œuvres, notamment à Vingt mille lieues sous les mers, il en est très différent. L’intrigue est moins importante dans Une ville flottante, mais le contexte est également tout autre. Si Vingt mille lieues sous les mers, dont l’idée aurait été donné à Jules Verne par Georges Sand, est un roman, Une ville flottante est un récit de témoignage, Jules Verne ayant véritablement effectué la traversée de l’Atlantique à bord du « Great Eastern » en avril 1867. Les descriptions, chères à l’auteur, sont nombreuses et précises. Jules Verne lui-même n’a-t-il pas occupé cette cabine et franchit ce couloir qu’il nous dépeint ?

Le fil conducteur est bien plus maigre que certains autres de ces « Voyages extraordinaires », la traversée romanesque moins palpitante. Oui, mais me concernant, j’ai passé quatorze jours aux côtés de Jules Verne, un certain printemps 1867, à traverser l’Atlantique à bord d’un gigantesque vaisseau qui nous a débarqué à New-York après avoir essuyé une terrible tempête. Enfin, j’ai vu avec lui le village de Niagara Falls et ses célèbres chutes, à cheval entre le Canada et l’Amérique.

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